Fartuun Adan

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Au mois de mars 2013, Fartuun Adan, une finissante de l’IVTF, s’est vue décerner le Prix international femme de courage du Département d’État des États-Unis, qui lui a été remis par la première dame Michelle Obama. L’IVTF a organisé une célébration à l’hôtel de ville d’Ottawa, où le maire Jim Watson lui a remis un certificat de reconnaissance. Les membres du Conseil municipal Eli El-Chantiry, Marianne Wilkinson, Diane Holmes et Katherine Hobbs, ainsi que des partisanes et partisans de l’IVTF et des leaders de la communauté somalienne étaient au rendez-vous pour raconter des anecdotes, chanter et entendre Fartuun. (Voir la vidéo)

En 1996, Fartuun a quitté la Somalie avec ses trois filles pour fuir la violence qui a coûté la vie à son mari. Au lieu de se laisser définir par des étiquettes comme « réfugiée » et « veuve », Faartun a continué à participer au monde qui l’entourait. Elle a élevé ses trois filles à Ottawa, où elle a travaillé comme aide-infirmière. Fartuun a suivi la Formation en participation citoyenne de l’IVTF et a siégé à notre comité directeur. Dans une vidéo (en anglais) tournée après avoir fini le programme, elle a déclaré : « Cette formation m’a donné le courage d’en apprendre davantage afin de pouvoir faire une différence dans notre collectivité et dans nos vies. » À la suite de quelques voyages en Somalie, Fartuun a pris la direction générale de l’Elman Peace and Human Rights Centre (fondé par son mari en 1991), puis a elle-même fondé Sister Somalia, le premier centre d’aide aux victimes d’agression sexuelle dans son pays d’origine.

Pendant son allocution à l’hôtel de ville, Fartuun a montré une photo de femmes portant de hijabs rose vif en disant : « Lorsque les femmes se sont assemblées pour faire entendre leurs voix en Somalie, j’ai pensé aux foulards pêches que les femmes de l’IVTF portent pour faire preuve d’unité devant le Conseil municipal; alors nous nous sommes toutes munies de hijabs rose vif pour nous donner du courage. »

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L’activisme politique de Fartuun Adan a débuté dans son pays d’origine, la Somalie, mais l’Initiative une ville pour toutes les femmes (IVTF)  lui a donné les outils nécessaires pour se faire entendre.  Ce programme local permet aux femmes de différentes communautés de participer au processus décisionnel municipal.    

Depuis sont enfance, Fartuun a fait preuve d’une force de caractère inhabituelle.  « En fait j’ai six frères, mais j’ai toujours pensé que j’étais plus intelligente qu’eux », dit-elle en riant. « Dans mon pays, les femmes sont habituées à attendre que les hommes leurs disent quoi faire. »

Après le meurtre de son mari en 1996, elle est venue au Canada en compagnie de ses trois filles en s’attendant à une situation différente.  « Je suis arrivée au Canada en croyant que les femmes étaient très puissantes », poursuit-elle, « mais j’ai vu qu’ici, les hommes seuls prennent toutes les décisions. » 

Elle n’a pas l’habitude de s’asseoir et d’attendre qu’on lui dise quoi faire.  Dès son arrivée, elle s’est mise à apprendre l’anglais.  Elle est également devenue membre d’une petite organisation de femmes somaliennes.  Un seul programme de formation en participation civique de l’IVTF ne lui suffisant pas, l’aide-infirmière de 39 ans s’est inscrite à un second programme de formation de neuf mois, qui comprend quatre ateliers et la participation à une équipe d’action des femmes, afin de mettre en pratique les nouvelles connaissances.  « Je veux apprendre à tenter de changer l’optique des autres femmes et leur servir de modèle de rôle. »

Fartuun est une des femmes de plus en plus nombreuses, dans la communauté, à porter un foulard de couleur pêche – un symbole qui proclame qu’elles partagent les même inquiétudes en dépit de leur diversité – et participe de façon active au processus local de décisions municipales.  Lorsqu’elle a voté pour la première fois l’an dernier, à l’occasion des élections municipales, Fartuun a amené avec elle son enthousiasme, ses nouvelles connaissances et ses amies.  « Changer les choses procure un sentiment de puissance.  Désormais, ces femmes réalisent que nous avons une voix. »