L’histoire de Fartuun Adan
L’activisme politique de Fartuun Adan a débuté dans son pays d’origine, la Somalie, mais l’Initiative une ville pour toutes les femmes (IVTF) lui a donné les outils nécessaires pour se faire entendre. Ce programme local permet aux femmes de différentes communautés de participer au processus décisionnel municipal.
Depuis sont enfance, Fartuun a fait preuve d’une force de caractère inhabituelle. « En fait j’ai six frères, mais j’ai toujours pensé que j’étais plus intelligente qu’eux », dit-elle en riant. « Dans mon pays, les femmes sont habituées à attendre que les hommes leurs disent quoi faire. »
Après le meurtre de son mari en 1996, elle est venue au Canada en compagnie de ses trois filles en s’attendant à une situation différente. « Je suis arrivée au Canada en croyant que les femmes étaient très puissantes », poursuit-elle, « mais j’ai vu qu’ici, les hommes seuls prennent toutes les décisions. »
Elle n’a pas l’habitude de s’asseoir et d’attendre qu’on lui dise quoi faire. Dès son arrivée, elle s’est mise à apprendre l’anglais. Elle est également devenue membre d’une petite organisation de femmes somaliennes. Un seul programme de formation en participation civique de l’IVTF ne lui suffisant pas, l’aide-infirmière de 39 ans s’est inscrite à un second programme de formation de neuf mois, qui comprend quatre ateliers et la participation à une équipe d’action des femmes, afin de mettre en pratique les nouvelles connaissances. « Je veux apprendre à tenter de changer l’optique des autres femmes et leur servir de modèle de rôle. »
Fartuun est une des femmes de plus en plus nombreuses, dans la communauté, à porter un foulard de couleur pêche – un symbole qui proclame qu’elles partagent les même inquiétudes en dépit de leur diversité – et participe de façon active au processus local de décisions municipales. Lorsqu’elle a voté pour la première fois l’an dernier, à l’occasion des élections municipales, Fartuun a amené avec elle son enthousiasme, ses nouvelles connaissances et ses amies. « Changer les choses procure un sentiment de puissance. Désormais, ces femmes réalisent que nous avons une voix. »




